mercredi 27 novembre 2019

Top 10 des plus grandes villes de Norvège avec leurs blasons

Voici un nouveau volet à cette série consacrée à la découverte de l’héraldique civique, à travers divers pays du Monde. Le principe du "Top xx" très répandu dans les médias et sur Internet, pour recenser ce qui est le plus remarquable dans un domaine particulier est ici adapté à cette thématique. Il nous permettra de découvrir ou réviser la géographie d'un pays choisi de manière aléatoire et dans le même temps de s'intéresser à sa diversité en matière de blasons et emblèmes municipaux.

  Nous restons en Europe, et comme nous approchons des fêtes de Noël, c'est Jul ou Yule dans les pays du Nord de l'Europe, je vous emmène dans le pays des rennes, des Nisses et des Elfes, apparentés aux lutins, et aussi celui des Trolls : la Norvège.





   Au-delà des régions historiques ou traditionnelles, qui n'ont pas de représentations administratives, la Norvège est divisée en 19 fylker (mot pouvant se traduire par comtés, provinces, districts, ou départements) et 422 kommuner (communes). Une kommune dans l'administration norvégienne peut regrouper plusieurs villes ou villages et être significativement très étendue. A l'inverse elle peut aussi n'être composée que d'une seule localité, et c'est en majorité le cas pour notre sujet. 
   Voici donc les 10 plus grandes communes, qui sont aussi des villes, en terme de population (chiffres : 2018).




1 - OSLO

- anciens noms : Ásló ou Ósló (avant 1624); Christiania ou Kristiania (de 1624 à 1924)
capitale de la Norvège, chef-lieu du comté d'Oslo (Oslo fylke), dans la région d'Østlandet  - 673 470 habitants.


ancienneté des armoiries : vers 1300 (sceau)



2 - BERGEN

chef-lieu du comté de Hordaland (Hordaland fylke), dans région de Vestlandet - 279 790 habitants.



ancienneté des armoiries : 1293 (sceau)




3 - TRONDHEIM

- anciens noms : Nidaros, Trondhjem ou Tråante (en langue sami)
chef-lieu du comté de Trøndelag (Trøndelag fylke), dans la région de Trøndelag - 193 500 habitants.


ancienneté des figures : 1344 (sceau)
ancienneté des armoiries : 1897



4 - STAVANGER

chef-lieu du comté de Rogaland (Rogaland fylke), dans la région de Vestlandet - 133 140 habitants.


ancienneté des armoiries : 1591 (sceau)



5 - BÆRUM 

- nom du centre administratif : Sandvika
commune du comté d'Akershus (Akershus fylke), dans la région d'Østlandet - 125 450 habitants.


ancienneté des armoiries : 1976



6 - KRISTIANSAND

chef-lieu du comté de Vest-Agder (Vest-Agder fylke), dans la région de Sørlandet - 91 440 habitants.


ancienneté des armoiries : 1643 (sceau)
adoptées officiellement sous cette forme en 1909




7 - FREDRIKSTAD

commune du comté d'Østfold (Østfold fylke), dans la région d'Østlandet - 80 980 habitants.


ancienneté des figures : 1610 (sceau)
armoiries adoptées officiellement sous cette forme en 1967


8 - SANDNES

commune du comté de Rogaland (Rogaland fylke), dans la région de Vestlandet - 76 330 habitants.


ancienneté des armoiries : 1970




9 - TROMSØ

chef-lieu du comté de Troms (Troms fylke), dans la région de Nord-Norge - 75 640 habitants.


armoiries connues depuis la fin du XIXe siècle
ancienneté de l'emblème actuel: 1983




10 - DRAMMEN

chef-lieu du comté de Buskerud (Buskerud fylke), dans la région d'Østlandet - 68 710 habitants.


ancienneté des armoiries : 1723 (sceau de l'ancienne cité de Bragernes
devenue un quartier de Drammen, qui a repris les armoiries en 1811
après la fusion des deux villes) ; adoptées officiellement en 1960




Emblème de l'organisme de
 la Défense civile en Norvège
 ○ Dans l'ensemble des pays scandinaves, et de l'Europe du nord en général, l'héraldique territoriale est parfaitement encadrée par des règles strictes au niveau national, pour la création et l'utilisation des emblèmes nationaux, régionaux, municipaux et institutionnels (armée, services publics, administrations, etc...). En Norvège, les armes publiques appartiennent au Ministère des Affaires étrangères (Utenriksdepartementet : armes nationales avec la couronne royale, drapeaux nationaux) et aux autorités militaires (emblèmes d'unités, pavillons, bannières, etc.), tandis que les Archives nationales (Riksarkivet) sont l'organe consultatif pour les armoiries municipales approuvées par le gouvernement dans un décret royal. Il apporte conseil et expertise en matière de bon usage de l'héraldique aux communes ou aux organismes demandeurs de symboles, mais sans les contraindre. Ces derniers sont en effet libres de leur choix et ont le denier mot pour leur adoption finale. Dans la grande majorité, les entités administratives utilisent très largement et fidèlement ces emblèmes pour leur identité graphique. En Norvège, les 19 provinces et les 422 communes sont à ce jour toutes pourvues d'armoiries, ce qui est exceptionnel en comparaison à bien d'autres pays, à commencer par la France.
○  Cette approche a permis jusque là de faire barrage avec succès à l'usage croissant des logos, qui ailleurs prennent souvent l'avantage sur les armoiries traditionnelles. Une des raisons de ce succès de l'héraldique moderne est peut-être à attribuer au style minimaliste, comme celui des logos, érigé en norme héraldique pour une grande partie de la production la plus récente des emblèmes territoriaux et municipaux du pays. En effet, depuis les années '1930, ces règles peuvent se résumer à quelques principes essentiels : forme de l'écu français ancien (en ogive ou en tiers-point); pas d'ornements extérieurs; utilisation de deux couleurs ou émaux maximum; présentation d'une seule figure, au contour simplifié, à plat, sans ombre ni effet 3D, facilement identifiable, mais qui peut éventuellement être répétée plusieurs fois; la (ou les) figure(s) doit (doivent) bien remplir tout l'espace de l'écu. Voici d'ailleurs une parfaite illustration de ces règles fondamentales, avec cet échantillon de 24 communes :

 • Bien évidemment, toutes les règles ont leurs exceptions et nos amis norvégiens les ont admises et tolérées. C'est d'ailleurs une évidence qui se révèle pour l'ensemble de notre Top 10 ! La raison est toute simple : mises à part les communes n°5 et 8, toutes ces villes/communes très anciennes étaient déjà pourvues d'armoiries depuis plus d'un siècle, voire très anciennement: plusieurs siècles avant l'édiction des règles en vigueur. Les emblèmes actuels de ces communes ne sont donc juste qu'une refonte graphique, simplifiée, d'anciennes représentations héraldiques plus complexes, elles-mêmes souvent basées sur les figures primitives des sceaux médiévaux. Pour les villes n°1, 2 et 6 c'est d'ailleurs l'image circulaire du sceau originel qui sert d'armoirie.
ancien sceau de la ville d'Oslo (vers 1300) à gauche et sa retranscription sur armoiries à droite avec un écu à base arrondie
réalisée par l'héraldiste autrichien Hugo Gerard Ströhl en 1903 (la ville se nommait alors Kristiania)
L'image représente l'histoire et le martyre du saint patron de la ville: Saint Hallvard (XIe siècle).
variante des armoiries de la ville de Trondheim telles que dessinées
sur une planche extraite du livre: Die Wappen der wichtigsten städte
 Europa's in chromolithographischen abbildungen  (voir flipbook  → ICI)
publié par M. Ruhl à Leipzig (Allemagne) en 1902
On y voit le roi face à l'archevêque, les deux autorités de la ville
chacun dans son palais, sous l'oeil d'un saint, certainement saint Olaf.
📌 pour finir voici quelques explications nécessaires sur certaines figures qui peuvent paraître énigmatiques:
 • Le blason de la ville n°4 prend son origine sur un ancien sceau qui montrait un sarment de vigne avec trois feuilles et les deux vrilles caractéristiques. De la vigne en Norvège ? impossible, elle ne peut y être cultivée. Sans doute pour cette raison improbable, à certaines époques, on a remplacé les feuilles de vigne par des feuilles de chêne, de tremble ou encore de houblon... Pourtant c'est bien de la vigne qu'il s'agit et que les historiens ont confirmé, même si l'on ignore l'origine de sa symbolique. On a parfois spéculé sur la religion, le vin étant perçu comme le sang du Christ pour les chrétiens, ou la Sainte Trinité avec les trois feuilles, etc.... Stavanger est par ailleurs un ancien et grand port marchand et l'importation de vin étranger pouvait s'y pratiquer.
 • Le blason de la ville n°5 qui s'apparente à une tour aveugle et non crénelée se rapporte en fait à l'industrie locale de la chaux : c'est un four à chaux stylisé.
 • Le blason de la ville n° 8 montre un objet traditionnel populaire : un leirgauk, petite poterie en forme d'oiseau, qui sert d'instrument de musique, voisin de l'ocarina.





📖 source infos, textes et images blasons :
- no.wikipedia.org/wiki/Kommunevåpen_i_Norge
- no.wikipedia.org/wiki/Norges_kommuner#cite_note-9
- oddso.nvg.org/nlv/kommune.html#b
- no.wikipedia.org/wiki/Regler_for_norske_kommunevåpen
- no.wikipedia.org/wiki/Heraldikk
- snl.no/kommunevåpen
- www.heraldry-wiki.com/heraldrywiki/index.php?title=Norway







Si vous désirez en savoir plus sur le pays : la Norvège et ses emblèmes, c'est → ICI

A bientôt, pour un nouveau pays ... → ICI


Et pour revoir le pays précédent ...  → ICI





          Herald Dick
 









Norvege  Baerum Tromso





jeudi 14 novembre 2019

Héraldique médiévale : le Grand Armorial Équestre de la Toison d'Or - 7e épisode

 (archivage d'un précédent onglet consacré aux images du Moyen-âge)

  Nous reprenons la destination du XVè siècle en Bourgogne ducale, à l'époque du Duc Philippe III, le Bon (1396-1467). Rappelons que la particularité de cet armorial est de mêler des pages d'écus armoriés rangés en 5 rangs de 5 ou 4 écus par page,  avec des planches où sont figurés les grands princes et seigneurs, montés à cheval, parés pour le tournoi en tenue héraldique complète y compris le harnachement de l'animal : absolument exceptionnelles de beauté !
  Des inscriptions en lettres gothiques ou simple cursives permettent d'identifier à coup sûr les personnages y compris sur bon nombre d'esquisses.
Enluminure avec un personnage représenté assis et écrivant, vêtu d'un tabard aux couleurs
de Bourgogne, qui est vraisemblablement l'auteur du manuscrit: le héraut d'armes de Bourgogne :
 Jean Le Fèvre de Saint-Rémy.
 En bas, et dans les rinceaux de ce même feuillet, sont les armoiries de Jean II de Melun, châtelain
 de Gand, et de Marie de Sarrebruche, sa femme. Dans la miniature qui orne ce feuillet, les verrières
 portent les blasons des familles de Lalaing et de Croy-Renty.
Folio 1r. Chronique « des fais du noble et vaillant chevalier messire Jacque de Lalain »,
 par Jean Le Fèvre de Saint-Rémy (XVe siècle)
 Manuscrit français 16830 - Bibliothèque Nationale de France - Paris.

  L'auteur présumé,  Jean Lefèvre de Saint-Rémy (1395 -1468), était Roi d'Armes de la Toison d'Or à la cour du Duc de Bourgogne.  En tout : 167 folios de papier très épais , avec les marges un peu rognées ou dégradées parfois, nous dévoilent  890 écus venant de l'Europe entière et  80 figures équestres , plus 23 esquisses inachevées. Le manuscrit est,  c'est très dommage, incomplet pour certains royaumes:  en Espagne, Portugal, Italie et la partie sud-ouest du Royaume de France. Mais il n'en demeure pas moins un extraordinaire recueil de la chevalerie de la première moitié du XVè siècle.


Source iconographique : BnF, Bibliothèque de l'Arsenal, Ms. 4790 - PARIS


le Duc d'Autriche * - folio N° 17 vo
"de gueules à la fasce d'argent"
 heaume à grille, couronne d'or fermée ornée de pierres précieuses,
lambrequins de gueules, cimier: une queue de paon,
étoffes à doublure bleue - cheval gris pommelé.
inscription du haut en gothique en lettres rouges (incomplète) :
  "le duc __ daut... "


   (*) Ce personnage ne peut être qu'Albert V de Habsbourg, duc d'Autriche en 1404, roi de Hongrie en 1437, de Bohême en 1438, et empereur sous le nom d'Albert II en 1438. Il décèdera le 27 octobre 1439




l' Évêque de Laon, duc *  - folio N° 49
"d'azur semé de fleurs de lis d'or, à la croix d'argent chargée
 d'une crosse épiscopale de gueules posée en pal"
 salade et bavière ornées de perles, laissant apparaitre le visage 
 pas de cimier - juste une pierre d'émeraude sur le haut du casque 
 au canton senestre: mitre rouge, ornée de perles et
 d'émeraudes, portée par un chérubin de couleur lilas.
bannière aux armes, étoffes damassées, à doublure d'hermine - cheval gris foncé
inscription du haut en gothique en lettres rouges :
 "levesque ♦ de ♦ laon ♦ duc"


(*) Fondé par saint Rémy, évêque de Reims, l'évêché de Laon devait être appelé un des premiers aux honneurs de la pairie ecclésiastique du royaume de France, au XIIe siècle, avec le titre de duc. 
  À l'époque de la compilation de l'armorial, deux évêques ont successivement occupé le siège de Laon : Jean de Roucy (1385-1419) et Guillaume de Champeaux (1419-1444).




marches d'Autriche (Tyrol)  - folio N° 21
descriptif ci-dessous


    • (le seigneur de )  . terenbergher  (Starkenberg) 
    • (le seigneur de )  Wolkenstein  
    • (le seigneur de )  Slanders pergher  (Schlandersperger) 
    • (le seigneur de )  Couffendou (Gufindaun-Summerberg)
    • (le seigneur de )  Winnecker

    • (le seigneur de )  Brandyst (Brandis ou Brandschildt) ; armes parlantes: Brand =feu, brasier
    • (le seigneur de )  Levenberg (Löwenberg)
    • (le seigneur de )  Spaur (Spauer)
    • (le seigneur de )  Calders
    • (le seigneur de )  Grÿessinge (Geltinger ou Hammersperg)

    • (le seigneur de )  Velanders (Vilanders)  
    • (le seigneur de )  Lichtensteiner (Liechtenstein)
    • (le seigneur de )  Vighenstainer (Wigenstein)
    • (le seigneur de )  Goldecker  (Goldegger)
    • (le seigneur de )  Pardeel (Bradell)               

    • (le seigneur de )   Scrobesteiner (Schrofenstein)             
    • (le seigneur de )   Kael (Kall )                 
    • (le seigneur de )   Nedertoern (Niederthor)
    • (le seigneur de )   Gostzen (Gotzen) 
    • (le seigneur de )   Vinteler (Vintler zu Platsch und Rungglstein) 

    • (le seigneur de )   Sunner (Sommer)
    • (le seigneur de )   Ecker (Eck)
    • (le seigneur de )   Wersingt (Wershing)         
    • (le seigneur de )   Speaernperger (Sparnberg) ; armes parlantes : Sparren = chevron  + Berg = montagne  
    • (le seigneur de )   Zaypser



le Duc de Normandie *  - folio N° 52
"de gueules à deux léopards d'or, l'un sur l'autre"
heaume fermé, orné de perles, pas de cimier, 
juste une pierre d'émeraude sur le haut du casque,
bannière aux armes, étoffes à doublure verte  - cheval bai cerise
inscription du haut en gothique :
 "le duc de normandie"


(*)  À l'époque de la compilation de l'armorial, il n'y avait plus de duc de Normandie en titre. Le duché a été réuni à la Couronne en 1364. Il fut néanmoins envahi et repris par les Anglais en 1415, et définitivement reconquis dans les années 1449-1450.
  Le présent feuillet représente le Duché de Normandie en tant que pairie de France.



le Duc de Normandie *  - folio N° 64
"de gueules à deux léopards d'or, l'un sur l'autre"
 heaume à grille, lambrequins rouges, chapel rouge doublé d'hermine
cimier : un lion posé couronné d'or et lampassé d'azur
étoffes à doublure d'hermine - cheval blanc
inscription du haut en cursives :
 "LE DUC DE NORMANDIE"


(*) Comme pour d'autres importants barons, dans cet armorial, le duc de Normandie est ici représenté une seconde fois, en tant que suzerain de son duché. Mais comme nous l'avons noté précédemment, ce titre est désormais sans titulaire et simplement honorifique.



marches de Normandie - folio N° 66
descriptif ci-dessous


    • (le seigneur  )  Foucaut doumole  (Foucaud du Merle); le Merle-Raoul, aujourd’hui Le Merlerault dans l'Orne.
    • (le seigneur  )  Rogir de otot b  (Roger de Hotot) ; d'Hotot-en-Auge (Calvados)
    • (le seigneur  )  Robt de Hotot (Robert de Hotot I)
    • (le seigneur  )  Robt de Hotot (Robert de Hotot II)
    • (le seigneur  )   Guill de Bourgiavi (Guillaume de Bourgeauville)   le chiffre 66 se rapporte au numéro du folio, et n'a aucun rien à voir avec les armoiries.

    • (le seigneur  )  Robt de Danon (Robert d'Aunou)
    • (le seigneur  )  Raoul de Chamont  (Raoul de Chaumont) ;  Raoul d'Aunou, seigneur de Chaumont (Orne)
    • (le seigneur  )   Jhe de Blainville (Jean de Blainville) ; Jean de Mauquenchy, seigneur de Blainville (Calvados)
    • (le seigneur  )   Robt disson (Robert d'Esson) ; d'Esson (Calvados)
    • (le seigneur  )   Guill de St bry (Guillaume de Saint-Brice) ; de Saint-Brice (Manche)
                     

    • Le s.(eigneur)  divery  (Ivry) ; Guillaume d'Ivry, à Ivry-la-bataille (Eure)
    • (le seigneur  )   Jeh de la Champagne (Jean de La Champagne) ; famille apparentée aux Malemains
    • (le seigneur  )   Jefroy de la Champagne (Geoffroy de La Champagne) 
    • (le seigneur de  )   Mallemain (Malemains)  ; armes parlantes
    • (le seigneur  )   haubert damani (Herbert d'Aigneaux)

    •  (le seigneur  )   Jeh de Lindebuef (Jean de Lindeboeuf); branche de la maison de Martel 
    •  (le seigneur  )   Renaut de Linde.  (Renaud de Lindeboeuf)              
    •  (le seigneur  )   Jeh de Fontaines (Jean de Fontaines)   
    •  (le seigneur  )   Guill de Fontaines (Guillaume de Fontaines)
    •  (le seigneur  )   Jeh de grengal  (Jean de Grangues); de Grangues (Calvados) 

    • (le seigneur )     Robt de Saqueville (Robert de Sacquenville) ; de Sacquenville (Eure)
    • (le seigneur )     Guill de Saqueville (Guillaume de Sacquenville)
    • (le seigneur )     Piere de Saqueville (Pierre de Sacquenville)
    • (le seigneur )     Robt de Saqueville (Robert de Sacquenville)
    • (le seigneur )    Richar de Corconne (Richard de Cortonne)



le Roi de Bohême *  - folio N° 97 
 "de gueules au lion d'argent à la queue fourchée,
nouée et passée en sautoir... (incomplet)
"

heaume à grille,  couronne d'or,  cimier : un vol de sable.
 dessin inachevé et partiellement peint
inscription du haut en cursives : "LE ROY DE BOHEME"
autre inscription en cursives, à la croupe du cheval : " bahegne"


(*) Malgré son caractère inachevé, ce folio mérite qu'on s'y intéresse un moment, pour quelques précisions historiques.
 À l'époque de l'armorial, c'est Sigismond de Luxembourg (1368-1437) qui devient roi de Bohême en 1419, à la mort de son frère Venceslas. Il règne aussi sur la Hongrie depuis 1387, sur la Germanie à partir de 1411 avant d'être sacré Empereur des romains en 1433.


le Roi d'Aragon *  - folio N° 108
"d'or à quatre pals de gueules"
 heaume à grille, couronné d'or avec des pierres précieuses, 
lambrequins bleus chargés d'une croix pattée d'argent 
cimier : un dragon d'or, lampassé de gueules, naissant dans un vol d'or.
 étoffes damassées, à doublure bleues - cheval noir
inscription du haut en cursives : "Le Roy__D'Aragon "


 (*)  À l'époque de la composition du manuscrit, le roi d'Aragon est Alphonse V, né en 1396, il régna de 1416 à 1458. Parvenu à faire valoir ses droits, contre la maison d'Anjou, il acquit le royaume de Naples et tint sa cour dans cette ville à partir de 1442.


marches d’Écosse - folio N° 131 vo
descriptif ci-dessous



    • le s(eigneur)   de h......             (personne non identifiée)
    • larsevesque s.andris  (L'évêque de Saint-Andrews)  Henri Wardlaw, également primat d'Écosse.
    • le s(eigneur)   de halles  (Hailes)
    • le s(eigneur)   de harchin (Erskine); inscription rajoutée postérieurement : s. Th Eriskein of gogar Knyt

    •               sire  villame Cranston (William Cranston)
    • (le seigneur )  vilgame Maxwell  (William Maxwell)
    • le s(eigneur)   de Sommerville  (Thomas Sommerville); devise ajoutée postérieurement : Feir God in luif
    • (le seigneur )  Lawater (William Lauder of Halton)

    •    sans nom         (personne non identifiée)
    •    sans nom         (personne non identifiée)
    •    sans nom         (personne non identifiée) ; inscription rajoutée postérieurement : le Sr. Glamis in te domine speravi.
    •    sans nom         (personne non identifiée)

    • le s(eigneur)   de Grem  (Patrick Graham)               
    •    sans nom         (personne non identifiée)          
    • le s(eigneur)   de Dahonse  (Alexander Ramsay of Dalhousie) 
    • le b(aron)      de Douglais (William Douglas) 

    • le s(eigneur)   de Nedisvale  (Nithsdale)




marches d’Écosse - folio N° 132
descriptif ci-dessous



    • Bethune de Balfour ( Balfour) écu rajouté bien postérieurement au manuscrit, sans doute après 1672, date à laquelle ces armes ont été enregistrées.

    •      sans nom         (personne non identifiée)  ; devise latine en capitales longeant la bordure de l'écu : SVPERATA•TELLVS•SYDERA•DONAT•



    •   écu vide        



Baudouin de Noyelle *  - folio N° 141 vo
"de gueules à trois jumelles d'argent, brisé d'un lambel 
à trois pendants du même"
heaume à grille d'or -  collier de la toison d'or autour du cou
cimier : une tête de dogue d'argent (masqué), langué de gueules,
 au milieu d'un vol d'argent - lambrequins d'argent

doublures vertes - cheval blanc -
 inscription ancienne en cursives à gauche (presque effacée):
 "Mess. Baudet de Noiette A Dijon "
 autre inscription plus récente :
"Messire Baudouin de Noielle

 seigneur de Chasterelle.1433"

(*) Baudouin (ou Baudot) de Noyelles-Wion était seigneur de Catheux et de Thilloloy, mort en 1641. Il était le fils de Jean de Noyelles-Wion, célèbre jouteur appelé "le chevalier blanc" et mort à Azincourt en 1415. Il fut conseiller et chambellan du duc Philippe de Bourgogne, gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye. Il commanda les troupes bourguignonnes au siège de Calais en 1436 et signa le traité de 1453, conclu entre la Bourgogne et la ville de Gand.


Robert de Masmines *  - folio N° 145
"d'azur au lion d'or, lampassé et armé de gueules, chargé d'une
 fleur de lis du même sur l'épaule"
heaume d'acier et collier de la toison d'or autour du cou
cimier : un dauphin d'argent oreillé de gueules, mordant la visière
 du heaume, la queue dressée au-dessus de lui
doublures rouges - cheval noir -  
inscription  en cursives à gauche : 
 "Robert seigneur de Mamines à Bruges 1429"
 autre inscription à droite : "Mons. seign. de Mamines 1429 Bruges "



(*) Robert de Masmines, seigneur de Westren, Hernelveerdeghem, Beerleghem et autres lieux de Flandre ( °1385 ou 1390/ †1431) fut un des premiers capitaines flamands qui suivirent le duc Jean sans Peur. Armé chevalier en 1430 au siège de Melun, il sera tué peu après dans un combat livré contre les Liégeois. Il fait partie de la première promotion de l'Ordre.


Antoine de Croÿ *  - folio N° 145 vo
"Écartelé : aux 1 et 4, d'argent, à trois fasces de gueules (Croÿ); 
aux 2 et 3, d'argent, à trois doloires de gueules, les deux du chef
 adossées (Renty)".
heaume à grille d'or, couronné d'or  - couronne à fleurons incrustée 

de pierres précieuses -  cimier : une tête de lévrier de sable colleté de gueules,
 cloutés d'or , à un anneau du même au milieu d'un vol d'argent -
 collier de la toison d'or autour du cou- étoffes damassées 
à doublure bleue - cheval gris foncé - inscription  en cursives :
  "Messire Antoine seigneur de Croy et de Renty - Bruges 1429."

(*)  Antoine de Croÿ (1402-1475) comte de Porcien, est le frère ainé de Jean ( déjà présenté → ICI) . Il fut premier chambellan, conseiller et ministre du duc Philippe de Bourgogne, pour lequel  il dirigea l'armée envoyée contre le roi de France Charles VI,   et signa la paix d'Arras en 1435, après avoir combattu les révoltés de Flandre et fait le siège de Calais. Il fait partie de la première promotion de l'Ordre de la Toison d'Or.



Antoine de Vergy *  - folio N° 148
"de gueules à trois quintefeuilles percées d'or, à la bordure d'argent"
heaume et  collier de la toison d'or autour du cou
 cimier : une tête d'aigle de sinople becquée d'or,
 au milieu d'un vol d'hermines
étoffes damassées - cheval noir -  
inscription  en cursives à droite :  "Messire Antoine de Vergi 
seigneur de Champlitte- A Bruges 1429 "


(*) Antoine de Vergy (1375-1439), comte de Dammartin, seigneur de Fouvent et de Champlitte, est le fils de Jean III de Vergy et donc l'oncle de Jean IV déjà présenté précédemment ( voir → ICI). Il fut conseiller et chambellan du duc Jean sans Peur et fut blessé à Montereau quand le duc y fut assassiné. Il a été maréchal de l'armée de Bourgogne à la bataille de Cravant, et maréchal de France sous l'occupation anglaise. Il fait lui aussi partie de la première promotion de l'Ordre de la Toison d'Or.


  
Pierre de Luxembourg *  - folio N° 152
"d'argent au lion de gueules à queue fourchée passée en sautoir, 
armé et couronné d'or, lampassé d'azur"
heaume à grille, lambrequins d'argent, portant un cimier au dragon d'argent 
 lampassé de gueules, issant d'un cuveau du même,
collier de la toison d'or autour du cou - étoffes à doublure bleue.
 cheval bai-brun - inscriptions en lettres cursives :
"M. Pierre de Luxembourg Seigneur de St. Paul - A Bruges 1429 "



 (*) Pierre de Luxembourg, comte de Saint-Pol (1390-1433) fait partie de la première promotion de l'ordre nommée en 1430. Il est le fils de Jean II de Luxembourg, seigneur de Beaurevoir et de Richebourg, et de Marguerite d'Enghien. Il fut le principal conseiller de Philippe le Bon pour l'administration du Brabant, à partir de 1430. Sa devise était : "Vostre veuil" (votre vœu).


Florimond de Brimeu *  - folio N° 153 vo
"d'argent à trois aigles de gueules, becquées et membrées d'azur"
 heaume à grille d'or, lambrequins d'argent, avec couronne d'or à fleurons 
incrustée de pierres précieuses -  cimier : une tête de cygne placée
 entre un vol, le tout d'argent - collier de la toison d'or autour du cou  -
  doublure rouges - cheval bai-brun -  inscription  en cursives  : 
 "Messire Florimond de Brimeu -  seigneur de Masincourt -  Bruges 1429."


(*) Florimond III de Brimeu, seigneur de Maizicourt, en Picardie ( mort en 1442) fait partie de la première promotions de l'Ordre, nommée en 1430. Il est le petit-fils de Florimond II de Brimeu, le neveu de David et de Jacques de Brimeu, présents également dans cet armorial (voir → ICI et ICI).



Philippe de Ternant *  - folio N° 154 vo
"échiqueté d'or et de gueules à six traits"
heaume à grille, surmonté d'un bourrelet d'or et de gueules et d'argent -
 cimier : une femme coupée au niveau du bassin, de carnation, habillée 
d'une robe bleue ,fourrée de vair, coiffée d'un escoffion d'or recouvert
 d'un chaperon de sinople. Collier de la toison d'or autour du cou
 cheval blanc - inscription  en cursives : 
 "Philippe de Ternant, seigneur dudit lieu et de la Mothe -  A Bruges 1429."

(*) Philippe de Ternant (~1400-1456) fait lui aussi partie de la première promotion de l'ordre de la Toison d'or, nommée en 1430. Il était seigneur de Ternant, dans le Nivernais. Il fut nommé gouverneur de Paris après la paix d'Arras en 1435. En Flandre, il négociera avec les Brugeois révoltés,  et plus tard sera un des chefs de l'armée bourguignonne contre les rebelles Gantois (1449-1453).



le Duc d'Orléans *  - folio N° 140 vo
esquisse dessinée à la mine de plomb
inscription en bas près des sabots du cheval :
"orleans"

 
(*) De nombreuses planches sont malheureusement demeurées inachevées. Néanmoins elles permettent de visualiser la technique et le talent de l'artiste. Il ne restait plus ici qu'à colorier le cavalier et sa monture et rehausser les contours. Ces beaux dessins nous laissent cruellement "sur notre faim" !




 Pour les toutes autres pages de ce magnifique manuscrit, que j'ai utilisées dans mon blog, vous pouvez  les visionner ici :


 A bientôt, pour d'autres extraits... (n'oubliez pas l'onglet "Toison d'Or" tout en haut de cette page pour le tout dernier volet, non archivé)...   
   

         Herald Dick    
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