vendredi 15 février 2019

l'Armorial de La Planche - 1669 - Gouvernement de Lyonnais - Sénéchaussée du Forez

S   uite de la visite d'un des plus anciens manuscrits répertoriant des armoiries de villes et de villages de France, dessinées à la plume et peintes à l'aquarelle, antérieur de trois décennies à l'Armorial Général de France de Charles d'Hozier ! Voir la description initiale : →

Nous poursuivons avec la découverte du "livre" (c'est l'appellation donnée à une section d'un manuscrit, qui est lui-même divisé en chapitres) consacré au Gouvernement de Lyonnais.  Après le premier chapitre consacré à la Sénéchaussée du Lyonnais, nous nous déplaçons juste à côté dans la  Sénéchaussée du Forez.  Le territoire de cet ancien Comté et ancienne province, abrogée sous la Révolution, a servi de base pour former le département de la Loire. Voici donc le deuxième chapitre .

      Revenir à l'épisode précédent →

Département de la Loire

Voici l'extrait d'une carte datant de la fin du XVIIIe s. , donc postérieure d'un siècle, mais sur laquelle j'ai reconstitué les limites administratives de notre région :
 Vous pouvez cliquer sur toutes les images pour les agrandir












Les fragments de manuscrits proviennent toujours du Volume II. Pour enrichir l'étude, j'ai mis en bonus l'extrait équivalent dans l'Armorial Général de France* (1696-1711), établi par Charles-René d'Hozier, et comme auparavant, j'ai placé le blason actuel en-dessous, pour comparer les différences ou au contraire la constance des figures dans le temps.

                  (*)  Armorial Général de France  -  volume XVII  -  Généralité de Lyon



Montbrison (Loire)
  La ville est née au Moyen Âge autour du château des comtes du Forez, dont elle devint la capitale. Elle fut fortifiée à la suite des ravages que lui infligèrent les Anglais au début de la guerre de Cent Ans. François Ier la rattacha à la Couronne avec tout le pays de Forez.
  Le blason de Montbrison apparaissant sur le manuscrit montre un bâtiment fortifié formé d'une tour de forme carrée, talutée et maçonnée à la base, couverte et girouettée, accolée à la dextre d'un logis également couvert et girouetté à senestre, le tout d'argent. Pas de terrasse à cette époque.
 Au cours du temps le dessin de cet ouvrage fortifié évoluera vers une une tour parfois couverte, parfois pas, attenant à une simple muraille crénelée, percée d'une porte, et variera avec la présence ou pas d'une terrasse rocheuse. Si le champ reste toujours de gueules surmonté d'un chef de France, l'émail du "château" et de la terrasse alterne l'or et l'argent, selon les époques.
  Affichées pour l'anecdote, les armoiries "attribuées d'office" dans l'Armorial Général de France, et ce sera cas pour toutes les villes de ce chapitre consacré au Forez, ont toutes été fabriquées à la chaîne par Charles d'Hozier (voir → ICI), alors que nous avons sous les yeux la preuve que les vraies armes de la plupart de ces villes étaient connues. Le principe de conception de d'Hozier était simple et ingénieux: sur la base d'un écu avec une pièce honorable constante: ici le chevron, celui-ci est chargé d'un meuble, qui lui, est variable : rose, étoile, fleur de lis, pomme de pin, coquille, calice, molette, mâcle, rustre, losange, croissant, merlette, trèfle, billette, goutte, cœur ... et en  jouant avec les combinaisons de couleurs, on obtient ainsi une multitude de possibilités. Mais au final ces blasons générés de manière mathématique, n'ont aucune personnalité, ni histoire à raconter. Toutefois, pour ce qui est des communes actuelles, certaines, les ont tout de même conservés, mais elles restent rares.


cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :

mardi 5 février 2019

Nouvel an chinois - 2019 猪的新年
Année du Cochon

新年快乐 !  - Happy new year ! - Bonne année !

série de timbres commémoratifs chinois émis pour célébrer l'année du cochon en 2019
 • Le 5 février à 00h00 en France, mais depuis déjà quelques heures plus tôt en Extrême-Orient, à cause du décalage horaire, nous passons de l'année lunaire du chien à l'année du cochon. Et plus précisément : le cochon de terre, car en astrologie chinoise, outre les douze signes qui se suivent dans un ordre constant , est associé un élément, cinq au total: terre, eau, feu, bois, métal, ce qui génère un cycle sexagésimal (60 ans) pour chaque combinaison. Ce système complexe est à la base de toute une philosophie basée sur le calendrier céleste, et en fait une affaire de spécialistes depuis des millénaires dans l'Est asiatique.
monnaies en or avec décor couleurs émises par la Chine en 2019 
avec l'emblème national de la Chine sur le revers, à gauche.
.


🐖 Le cochon en héraldique

 • Il faut d'abord rappeler que le cochon, ou porc domestique (Sus scofa domesticus) et le sanglier d'Europe (Sus scrofa) sont la même espèce, le premier étant une sous-espèce du second. Par conséquent les croisements entre deux animaux sont possibles et même courants lorsque les cochons vivent en liberté dans certains élevages (en Corse, par exemple). La femelle adulte est la truie (anciennement : la coche), la jeune femelle élevée pour la reproduction est une cochette, le mâle reproducteur est le verrat et le jeune cochon, avant le sevrage s’appelle :porcelet, cochonnet, goret (ou encore cochon de lait dans les assiettes); le jeune porc sevré se nomme nourrain (ou nourrin). La femelle du sanglier sauvage est la laie et le petit s'appelle le marcassin. Voilà pour la carte d'identité et les principaux mots et dérivés de la langue française pour désigner notre animal.
armoiries attribuées au nom de von Schweinpeck
ou Schweinbeck ou Schwein­bach - Berliner Wappenbuch.
 Ms. genealog. Fol. 271 (v. 1460) -  auteur : certainement
 un assistant de Hans Ingeram ; Staatsbibliothek
- patrimoine culturel prussien (Berlin)

•  Ce sont dans les armoriaux du Saint Empire romain germanique que l'on trouve les plus anciens exemples de représentations héraldiques de notre cochon, par le biais des armes parlantes. En effet, le mot allemand pour désigner le cochon domestique est " Schwein ". Il apparait donc sur les armes des seigneurs dont le nom contient le terme "Schwein + xx ". En même temps, le substantif  " Eber " qui désigne indifféremment le verrat (le mâle du porc) et le sanglier sauvage, est utilisé de la même façon phonétique en héraldique. Du point de vue artistique, les représentations dans les armoriaux des deux animaux : le sauvage et le domestique sont très similaires, à de rares exceptions. En effet, pour les porteurs d'armoiries, petits ou grands seigneurs de guerre, passionnés par la chasse, l'image du sanglier, animal puissant, imprévisible et dangereux, malgré sa mauvaise réputation, était naturellement plus avantageuse que celui du porc de ferme, captif, se roulant dans la boue et ses excréments, lubrique, paresseux, etc...
 Cette assimilation artistique des deux variétés de l'animal au profit du sanglier se remarque avec la présence des défenses, et la crinière dorsale, qui sont absentes chez le cochon domestique même chez les variétés pourvues de poils épais (cochons laineux).

.
armes parlantes de la famille d'ancienne chevalerie germanique von Schweinichen, originaire de Silésie (région historique
 de nos jours à cheval sur la Pologne, l'Allemagne et la République tchèque), identifiée depuis le XIIIe siècle et dont
 plusieurs branches existent encore de nos jours.
à gauche : fragment de l’armorial  Johann Siebmachers Wappenbuch (1605), folio 52
à droite : dessin de Adolf Matthias Hildebrandt - Wappen- und Handbuch des in Schlesien (einschliesslich der Oberlausitz)
 landgesessenen Adels. Goerlitz.(1901/1904)
armoiries de von Schweinbach, originaire d'Autriche ducale, extrait de l'armorial  Scheibler'sches
 Wappenbuch (1450-1480),  folio 186 - Bayerische Staatsbibliothek Cod.icon. 312 c (Munich)
grandes armoiries de la famille von Schweinitz und Krain - Schlesischen Wappenbuch (1901) de Adolf Matthias Hildebrandt -
le jeu consiste à trouver le cochon ( en fait il y en deux ! ) qui atteste des armes parlantes
cliquer sur le lien ci-dessous pour lire la suite :